Essentiels : Un film coup de poing pour changer les termes du débat et influencer les politiques en immigration

Essentiels : Un film coup de poing pour changer les termes du débat et influencer les politiques en immigration

Essentiels : Un film coup de poing pour changer les termes du débat et influencer les politiques en immigration

Essentiels est un film documentaire qui raconte la réalité de demandeurs d’asile et de travailleurs temporaires qui occupent des emplois précaires au Québec, dans tous les secteurs de notre économie. Le film nous fait réaliser que plusieurs pans de notre société fonctionnent grâce à une main-d’œuvre immigrante qui accepte de vivre dans la précarité en espérant que leurs sacrifices permettront d’offrir une vie meilleure à leurs proches.

« C’est révoltant… J’ai été chamboulé par ce que j’ai vu dans ce documentaire. J’ai été confronté comme Québécois. Je ne savais pas que des gens étaient traités comme ça sur notre territoire. »

– Patrick Lagacé, 98,5 FM (Québec Maintenant)

L’équipe du documentaire voulait interpeller le public sur un enjeu brûlant d’actualité :

Est-ce que les Québécois sont conscients que notre confort repose sur le labeur de ces humains qui nous servent?

Sonia Djelidi, militante pour les droits humains, et Sarah Champagne, journaliste au journal Le Devoir, ont joint leurs forces afin de dévoiler publiquement les histoires de Carole, Edyn et Rodrigo, mais aussi celles de milliers de travailleurs au statut précaire.

Quatre mois après la diffusion du documentaire, le gouvernement provincial annonce la création d’une passerelle vers l’obtention de la résidence permanente pour les travailleurs temporaires, avec des exigences de maîtrise du français moins élevées pour les travailleurs temporaires moins spécialisés.

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Une avant-première électrisante

En partenariat avec Télé-Québec et Le Devoir, le film a été présenté en avant-première à l’Auditorium de la BANQ devant une salle comble de plus de 300 personnes, réunissant plusieurs membres d’organisation œuvrant auprès des immigrants temporaires et des demandeurs d’asile.

La projection était suivie d’une table ronde animée par Marie-Andrée Chouinard, rédactrice en chef Le Devoir, en présence des membres de l’équipe, de protagonistes ainsi que de Andrés Fontecilla, député de Laurier- Dorion (Québec solidaire), et Alexandre Boulerice, député fédéral de Rosemont—La Petite-Patrie et chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Les premières réactions au film dont nous avons été témoins ce soir-là nous ont confirmé le besoin criant de révéler cette réalité au grand public afin de faire changer les choses rapidement.

« Le documentaire nous permet de réaliser l’écart entre les discours politiques et la réalité. Il y a près de 300 000 personnes de l’étranger qui vivent et travaillent sur des permis temporaires au Québec. C’est le chiffre dont on devrait débattre, plutôt que de songer à fermer la porte à l’immigration permanente.»

– Andrés Fontecilla, député de Laurier-Dorion (Québec solidaire)

Le film adopté par les syndicats et les organismes

Dès la présentation du film en avant-première, les demandes de projections ont commencé à affluer du côté des organismes d’accueil et des syndicats. Dans les 3 mois suivants la sortie du film, plus d’une trentaine de projections-événements se sont tenues aux quatre coins du Québec en présence de l’équipe du film.

Le film a été présenté par Magali Picard, présidente de la FTQ, aux employés du syndicat. Elle a profité de la projection pour confirmer son intention de faire de l’enjeu des permis fermés une priorité.

Sonia Djelidi, dont le film est l’idée originale, a présenté le film au congrès de la SCFP-Québec devant 135 000 membres et une résolution a été adoptée pour la défense des droits des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires.

Au lendemain de la diffusion du film, l’UPA a publié une lettre en soutien aux travailleurs temporaires intitulée Les employeurs agricoles saluent la contribution essentielle des travailleurs étrangers temporaires.

« C’est un documentaire qui nous pousse à réfléchir comme société au sort qu’on réserve aux immigrants temporaires : ceux qui nous nourrissent, ceux qui font le ménage, ceux qui prennent soin de nos aînés, ceux qu’on appelle les travailleurs essentiels, mais pas assez essentiels toutefois pour qu’on leur offre la résidence permanente. »

– Julie Miville-Dechêne, sénatrice

Des échos dans les sphères gouvernementales

Essentiels a aussi circulé dans les coulisses des gouvernements québécois et canadien, se rendant jusqu’à une projection au Parlement d’Ottawa pour sensibiliser les sénateurs et les députés à la problématique des permis fermés et aux conditions de travail des travailleurs temporaires et réfugiés. L’événement était une initiative conjointe d’Alexandre Boulerice, député fédéral de Rosemont—La Petite-Patrie et chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), ainsi que de la sénatrice Julie Miville-Dechêne.

Le député Alexandre Boulerice a continué sur cette lancée en organisant avec son équipe deux projections gratuites du film pour les citoyens de sa circonscription au Cinéma Beaubien, dans l’objectif de les sensibiliser à l’importance de la protection des droits humains des personnes migrantes ainsi que des droits des travailleuses et travailleurs qui nous entourent.

« Il faut absolument que tout le monde voit ce documentaire. Pour être au courant et ensuite pour agir collectivement. Il faut prendre conscience de notre dépendance aux services de ces travailleurs exploités et se demander si c’est le genre de société dans laquelle on veut vivre. »

– Alexandre Boulerice,
député fédéral de Rosemont—La Petite-Patrie et chef adjoint du NPD

Un sujet à l’avant-plan dans la presse

La diffusion du documentaire et les enjeux qu’il soulève ont fait couler beaucoup d’encre dans les médias québécois. En marge de la diffusion, une série d’articles signés par Sarah Champagne sur l’immigration temporaire, Le grand virage de l’immigration, a été publiée dans Le Devoir. Un dossier qui a aussi remporté le Grand Prix Judith-Jasmin pour l’impact social provoqué par Essentiels et pour le travail journalistique de Sarah Champagne.

Dans la foulée du documentaire et de ce dossier, 14 entrevues et plus de 30 articles et mentions sur le film ont circulé dans les médias. Le sujet a également été repris dans plusieurs chroniqueurs, ce qui venait confirmer que la précarité de l’immigration temporaire représente bel et bien un enjeu de taille au Québec qui mérite sa place dans les tribunes.

« Le documentaire Essentiels de Ky Vy Le Duc aide les spectateurs à mieux saisir les enjeux complexes de la cohabitation. Cette enquête montre en parallèle l’existence d’un statut en hausse : celui du travailleur temporaire… permanent. »

– Odile Tremblay, Le Devoir

Des impacts directs pour Carole, Rodrigo et Edyn, et des milliers de travailleurs temporaires

À la suite de la diffusion du documentaire, des changements majeurs ont opéré dans les vies de Carole, Rodrigo et Edyn.

Carole, qui au moment du tournage n’avait pas serré ses enfants dans ses bras depuis 6 ans, a reçu sa carte de résidence permanente qu’elle attendait depuis près de 2 ans. Cette carte lui a permis de visiter ses enfants et sa famille au Cameroun. Ses enfants ont également reçu leur Certificat de sélection du Québec, leur donnant accès à la résidence permanente. Un processus qui normalement prendrait au moins 12 à 18 mois avant de se réaliser selon son avocat.

Rodrigo et sa femme Patricia ont pris le risque de participer aux projections du film, alors même qu’ils étaient en attente d’une réponse à leur demande d’asile. Une fois celle-ci refusée, ils ont déposé à la fin du tournage une demande de résidence permanente pour motifs d’ordre humanitaire. En mai 2023, soit moins de 6 mois après le dépôt de leur demande, ils ont reçu la confirmation qu’elle était acceptée. Les délais sont normalement de plus de deux ans pour des cas similaires. La réponse leur est parvenue dans les jours qui ont suivi la projection du film au Parlement.

Edyn a quant à lui repris et réussi son cours de francisation intermédiaire, ainsi qu’un permis de camionneur. Le gouvernement a annoncé en mai 2023 une nouvelle passerelle vers l’obtention de la résidence permanente pour tous les travailleurs temporaires sans diplôme collégial ou universitaire, dont pourra bénéficier Edyn. Il espère déposer une demande de résidence permanente cette année, une opportunité qu’il attend depuis plus de 10 ans.

Le film continue de faire son chemin auprès du public. Un bon exemple de l’impact des documentaires Picbois.