Libres de choisir est un documentaire d’impact qui donne un accès inédit à la réalité de l’avortement au Canada, ainsi qu’à des témoignages de femmes qui ont vécu une interruption de grossesse. On estime qu’une femme sur trois aura recours à l’avortement au courant de sa vie. Pourtant, le sujet reste tabou et plusieurs femmes qui ont recours à l’avortement n’en parlent pas, même à leurs proches.
L’actualité des dernières années nous a aussi démontré que rien n’est jamais acquis et de sérieuses contraintes à l’avortement persistent, même au Québec.
Et si aborder franchement le sujet de l’avortement au Canada nous permettait de mieux protéger ce droit?
C’est cet angle, choisi par les réalisatrices du film qui a guidé la campagne d’impact que nous avons mise en branle pour la sortie du documentaire.
Un lancement « day and date »
En collaboration avec ICI Télé, la date de diffusion télé a été programmée pour permettre au film de profiter d’une fenêtre d’exclusivité en festival. Il s’agissait d’une opportunité unique pour nous de promouvoir le film en conjuguant la sortie en festival, en salles et à la télévision.
Le documentaire a été diffusé sur les ondes d’ICI RDI le jour-même de sa première mondiale au Rendez-vous Québec Cinéma. Il a ensuite été diffusé à ICI Télé le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale du droits des femmes.
Transformer l’émotion en action
Le film nous transporte dans l’intimité des cliniques et des témoignages de femmes qui dévoilent leurs histoires à visage découvert. Comme dans le cas de plusieurs documentaires, les spectateurs terminent leur écoute remplis d’émotions et c’est un moment-clé en distribution d’impact sur lequel nous avons misé.
Nous proposons au spectateur de transformer l’émotion en action, en posant un geste concret dès la sortie de la salle de cinéma : s’afficher avec le sac Libres de choisir.
Les profits de la vente des sacs ont été versés au fonds de dépannage de la Fédération du Québec pour le planning des naissances, afin de soutenir les personnes qui n’ont pas accès gratuitement aux interruptions de grossesse. L’initiative a eu tellement de succès que nous avons dû commander un nouveau lot, à deux reprises!
Le sac a également été envoyé à certaines personnalités publiques en les invitant à la première et à publier une photo d’elles avec leur sac sur les médias sociaux.
« C’est la première fois qu’une caméra nous présente ce qui se passe réellement […] Je ne me souviens pas avoir vu des avortements dans un documentaire. »
– Anne-Marie Dussault, ICI RDI
« C’est très éducatif, c’est bouleversant, c’est vraiment beau. »
– Ricardo Larivée, Deux hommes en or et Rosalie
Preuve que le sujet de l’avortement arrivait à un moment-clé dans l’actualité, les réalisatrices Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert ont participé à une vingtaine d’entrevues radio et télé dans le cadre de la sortie du film, qui a généré plus d’une cinquantaine d’articles, chroniques et mentions dans les médias.
En préparation aux entrevues, un dossier de presse étoffé, introduit par une note des réalisatrices qui présentent leur démarche, a été partagé aux journalistes.
En salles… et à la télé?
Nous avons pris le pari de présenter le film en salle à l’occasion de projections spéciales malgré qu’il soit disponible gratuitement en ligne. Le film est demeuré à l’affiche à la Cinémathèque québécoise 3 semaines, en plus d’être présenté dans plusieurs villes du Québec devant des salles pleines à craquer.
En présence des réalisatrices et des expertes-protagonistes du film, les échanges qui ont suivi les projections ont permis d’ouvrir la discussion sur les problèmes d’accès et les groupes anti-avortement.
Briser les tabous, une histoire à la fois
Nous souhaitions que les histoires des femmes qui témoignent dans le documentaire résonnent au-delà du documentaire, ce pourquoi nous avons créé des capsules entièrement destinées aux médias sociaux, tirées des tournages.
Des histoires authentiques qui ont été vues plus d’un million de fois et qui ont généré des milliers de commentaires, incluant des centaines témoignages spontanés sur TikTok et Instagram.
Légiférer sur l’avortement, une fausse bonne idée
En 2025, le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette dépose un projet de Loi constitutionnelle dont un article est consacré à la protection de l’avortement. Des centaines d’organismes et des milliers de femmes se sont rapidement opposées et ont demandé le retrait de l’article.
En commission parlementaires, des organismes et expertes se sont prononcés sur l’article, incluant les réalisatrices de Libres de choisir, Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert, ainsi que les protagonistes-extpertes du film Véronique Pronovost et Dr Geneviève Bois.
« Ce qui rend le droit à l’avortement solide et accessible au Québec, c’est qu’il est médical et non politique. Nous soutenons les positions avancées par le Barreau du Québec, le Collège Médecins du Québec, la Fédération du Québec pour le planning des naissances et la Fédération des femmes du Québec. Solidifions l’accès à l’avortement plutôt que de légiférer. »
– Julie Boisvert et Élise Ekker-Lambert
Dans les semaines suivantes, le ministre se rétracte et l’article est officiellement retiré du projet de loi.
Sensibiliser jusque dans les écoles
Comment prolonger la durée de vie du film une fois le momentum de la présentation en salle et à la télé passé? La longue traîne du film consiste à continuer de multiplier les projections du film, autant dans les écoles que dans des contextes citoyens.
La campagne d’impact s’est déployée en partenariat avec plus d’une quinzaine d’organisations qui défendent le droit des femmes au Québec. C’est à travers ces réseaux qu’elle a capté l’attention de l’équipe du Secrétariat à la condition féminine qui a offert un soutien financier à l’équipe de Picbois pour présenter le film dans les écoles du Québec, incluant des classes du secondaire, des cégeps et des universités.
L’initiative qui se déploie un an après la sortie du film a pour objectif d’informer et de sensibiliser les jeunes en ce qui concerne le libre choix et de lutter contre la désinformation.